Blog culinaire - Une cuillerée pour papa

Blog culinaire - Une cuillerée pour papa

31 oct. 2008

Le gâteau... de Monsieur de Maupassant....

Vous avez allumé la cheminée ou le poêle ? C'est bien.... maintenant calez-vous dans le fond de votre fauteuil avec une petite tasse de thé ou de café bien chaud... ce soir je vous fais lecture...

Disons qu'elle s'appelait Mme Anserre, pour qu'on ne découvre point son vrai nom.

C'était une de ces comètes parisiennes qui laissent comme une traînée de feu derrière elles. Elle faisait des vers et des nouvelles, avait le coeur poétique et était belle à ravir. Elle recevait peu, rien que des gens hors ligne, de ceux qu'on appelle communément les princes de quelque chose. Etre reçu chez elle constituait un titre, un vrai titre d'intelligence ; du moins on appréciait ainsi ses invitations.


Son mari jouait le rôle de satellite obscur. Etre l'époux d'un astre n'est point chose aisée. Celui-là cependant avait eu une idée forte, celle de créer un État dans l'État, de posséder son mérite à lui, mérite de second ordre, il est vrai ; mais enfin, de cette façon, les jours où sa femme recevait, il recevait aussi ; il avait son public spécial qui l'appréciait, l'écoutait, lui prêtait plus d'attention qu'à son éclatante compagne.


Il s'était adonné à l'agriculture ; à l'agriculture en chambre. Il y a comme cela des généraux en chambre, - tous ceux qui naissent, vivent et meurent sur les ronds de cuir du ministère de la guerre ne le sont-ils pas ? - des marins en chambre, - voir au ministère de la marine, - des colonisateurs en chambre, etc., etc. Il avait donc étudié l'agriculture, mais il l'avait étudiée profondément, dans ses rapports avec les autres sciences, avec l'économie politique, avec les arts, - on met les arts à toutes les sauces, puisqu'on appelle bien "travaux d'art" les horribles ponts des chemins de fer. Enfin il était arrivé à ce qu'on dît de lui : "C'est un homme fort." On le citait dans les Revues techniques ; sa femme avait obtenu qu'il fût nommé membre d'une commission au ministère de l'agriculture.


Cette gloire modeste lui suffisait.


Sous prétexte de diminuer les frais, il invitait ses amis le jour où sa femme recevait les siens, de sorte qu'on se mêlait, ou plutôt non, on formait deux groupes. Madame, avec son escorte d'artistes, d'académiciens, de ministres, occupait une sorte de galerie, meublée et décorée dans le style Empire. Monsieur se retirait généralement avec ses laboureurs dans une pièce plus petite, servant de fumoir, et que Mme Anserre appelait ironiquement le salon de l'Agriculture.


Les deux camps étaient bien tranchés. Monsieur sans jalousie, d'ailleurs, pénétrait quelquefois dans l'Académie, et des poignées de main cordiales étaient échangées ; mais l'Académie dédaignait infiniment le salon de l'Agriculture, et il était rare qu'un des princes de la science, de la pensée ou d'autre chose se mêlât aux laboureurs.


Ces réceptions se faisaient sans frais : un thé, une brioche, voilà tout. Monsieur, dans les premiers temps, avait réclamé deux brioches, une pour l'Académie, une pour les laboureurs ; mais Madame ayant justement observé que cette manière d'agir semblerait indiquer deux camps, deux réceptions, deux partis, Monsieur n'avait point insisté ; de sorte qu'on ne servait qu'une seule brioche, dont Mme Anserre faisait d'abord les honneurs à l'Académie et qui passait ensuite dans le salon de l'Agriculture.


Or, cette brioche fut bientôt, pour l'Académie, un sujet d'observation des plus curieuses. Mme Anserre ne la découpait jamais elle-même. Ce rôle revenait toujours à l'un ou à l'autre des illustres invités. Cette fonction particulière, spécialement honorable et recherchée, durait plus ou moins longtemps pour chacun : tantôt trois mois, rarement plus ; et l'on remarqua que le privilège de "découper la brioche" semblait entraîner avec lui une foule d'autres supériorités, une sorte de royauté ou plutôt de vice-royauté très accentuée.


Le découpeur régnant avait le verbe plus haut, un ton de commandement marqué ; et toutes les faveurs de la maîtresse de maison étaient pour lui, toutes.


On appelait ces heureux dans l'intimité, à mi-voix, derrière les portes, les "favoris de la brioche", et chaque changement de favori amenait dans l'Académie une sorte de révolution. Le couteau était un sceptre, la pâtisserie un emblème ; on félicitait les élus. Les laboureurs jamais ne découpaient la brioche. Monsieur lui-même était toujours exclu, bien qu'il en mangeât sa part.


La brioche fut successivement taillée par des poètes, par des peintres et des romanciers. Un grand musicien mesura les portions pendant quelque temps, un ambassadeur lui succéda. Quelquefois un homme moins connu, mais élégant et recherché, un de ceux qu'on appelle, suivant les époques, vrai gentleman, ou parfait cavalier, ou dandy, ou autrement, s'assit à son tour devant le gâteau symbolique. Chacun d'eux, pendant son règne éphémère, témoignait à l'époux une considération plus grande ; puis quand l'heure de sa chute était venue, il passait à un autre le couteau et se mêlait de nouveau dans la foule des suivants et admirateurs de la "belle Madame Anserre".


Cet état de choses dura longtemps, longtemps ; mais les comètes ne brillent pas toujours du même éclat. Tout vieillit par le monde. On eût dit, peu à peu, que l'empressement des découpeurs s'affaiblissait ; ils semblaient hésiter parfois, quand on leur tendait le plat ; cette charge jadis tant enviée devenait moins sollicitée ; on la conservait moins longtemps ; on en paraissait moins fier. Mme Anserre prodiguait les sourires et les amabilités ; hélas ! on ne coupait plus volontiers. Les nouveaux venus semblaient s'y refuser. Les "anciens favoris" reparurent un à un comme des princes détrônés qu'on replace un instant au pouvoir. Puis, les élus devinrent rares, tout à fait rares. Pendant un mois, ô prodige, M. Anserre ouvrit le gâteau ; puis il eut l'air de s'en lasser ; et l'on vit un soir Mme Anserre, la belle Madame Anserre, découper elle-même.


Mais cela paraissait l'ennuyer beaucoup ; et, le lendemain, elle insista si fort auprès d'un invité qu'il n'osa point refuser.


Le symbole était trop connu cependant ; on se regardait en dessous avec des mines effarées, anxieuses. Couper la brioche n'était rien, mais les privilèges auxquels cette faveur avait toujours donné droit épouvantaient maintenant ; aussi, dès que paraissait le plateau, les académiciens passaient pêle-mêle dans le salon de l'agriculture comme pour se mettre à l'abri derrière l'époux qui souriait sans cesse. Et quand Mme Anserre, anxieuse, se montrait sur la porte avec la brioche d'une main et le couteau de l'autre, tous semblaient se ranger autour de son mari comme pour lui demander protection.


Des années encore passèrent. Personne ne découpait plus ; mais par suite d'une vieille habitude invétérée, celle qu'on appelait toujours galamment la "belle Madame Anserre" cherchait de l'oeil, à chaque soirée, un dévoué qui prît le couteau, et chaque fois le même mouvement se produisait autour d'elle : une fuite générale, habile, pleine de manoeuvres combinées et savantes, pour éviter l'offre qui lui venait aux lèvres.


Or, voilà qu'un soir on présenta chez elle un tout jeune homme, un innocent et un ignorant. Il ne connaissait pas le mystère de la brioche ; aussi lorsque parut le gâteau, lorsque chacun s'enfuit, lorsque Mme Anserre prit des mains du valet le plateau et la pâtisserie, il resta tranquillement près d'elle.


Elle crut peut-être qu'il savait ; elle sourit, et, d'une voix émue :

- Voulez-vous, cher monsieur, être assez aimable pour découper cette brioche ?

Il s'empressa, ôta ses gants, ravi de l'honneur.

- Mais comment donc, madame, avec le plus grand plaisir.
Au loin, dans les coins de la galerie, dans l'encadrement de la porte ouverte sur le salon des laboureurs, des têtes stupéfaites regardaient. Puis, lorsqu'on vit que le nouveau venu découpait sans hésitation, on se rapprocha vivement.

Un vieux poète plaisant frappa sur l'épaule du néophyte :

- Bravo ! jeune homme, lui dit-il à l'oreille.
On le considérait curieusement. L'époux lui-même parut surpris. Quant au jeune homme, il s'étonnait de la considération qu'on semblait soudain lui montrer, il ne comprenait point surtout les gracieusetés marquées, la faveur évidente et l'espèce de reconnaissance muette que lui témoignait la maîtresse de la maison.

Il paraît cependant qu'il finit par comprendre.


A quel moment, en quel lieu la révélation lui fut-elle faite ? On l'ignore ; mais il reparut à la soirée suivante, il avait l'air préoccupé, presque honteux, et regardait avec inquiétude autour de lui. L'heure du thé sonna. Le valet parut. Mme Anserre, souriante, saisit le plat, chercha des yeux son jeune ami ; mais il avait fui si vite qu'il n'était déjà plus là. Alors elle partit à sa recherche et le retrouva bientôt tout au fond du salon des "laboureurs". Lui, le bras passé sous le bras du mari, le consultait avec angoisse sur les moyens employés pour la destruction du phylloxéra.

- Mon cher monsieur, lui dit-elle, voulez-vous être assez aimable pour me découper cette brioche ?
Il rougit jusqu'aux oreilles, balbutia, perdant la tête. Alors M. Anserre eut pitié de lui et, se tournant vers sa femme :
- Ma chère amie, tu serais bien aimable de ne point nous déranger : nous causons agriculture. Fais-la donc couper par Baptiste, ta brioche.

Et personne depuis ce jour ne coupa plus jamais la brioche de Mme Anserre.


Le Gâteau, Gil Blas, 19 janvier 1882

27 oct. 2008

La fressure vendéenne

Dans toutes les fermes où on tuait le cochon, après avoir fait les rillettes, pâtés, jambons, etc... il restait la préparation de la fressure, grande tradition vendéenne, mais aussi plus largement poitevine.

Mon père était friand de cette fressure et fréquemment ma maman en achetait chez "son" charcutier, le seul qui selon mon père la faisait correctement, il venait sur les marchés de Challans tous les mardis.



Quand j'étais jeune, je n'ai jamais voulu y goûter, ça ne "m'inspirait" pas ! En vieillissant, les goûts s'affinent, et puis j'adore le boudin, alors pourquoi pas la fressure...


Je cherchais aussi une recette pour le jeu de Sandrine, afin de s'accorder avec le vin qu'elle nous proposait, et je me suis lancé le défi de réaliser cette fameuse fressure, après avoir pensé un temps la commander chez un charcutier.


J'ai pris quelques conseils auprès de la maman d'un ami, avec son mari anciens agriculteurs, conseils très précieux qui m'ont aidée à bien la réussir, merci Madame Herbreteau.


A la vue de mes photos vous allez peut-être dire "beurk", je vous l'accorde c'est pas très beau à voir, et encore je vous épargne les photos des abats - j'ai vraiment hésité, je les mets - je les mets pas ! - mais je n'ai pas envie que vous quittiez cette page avant la fin de la recette.


Les ingrédients qu'il vous faudra :
  • 1/2 tête de cochon
  • 2,5 l de sang de cochon
  • abats de cochon (poumons, 1/2 foie, coeur, rate, couenne)
  • 10 oignons
  • 2 carottes
  • 3 ou 4 clous de girofle par oignon
  • 1 càc de cannelle,
  • 1 càc de quatre épices
  • une poignée de gros sel,
  • poivre
Remplissez une très grosse marmite d'eau et mettez-y la tête de cochon, les épices, carottes coupées en grosses rondelles, les oignons piqués de clous de girofle. Mettez aussi le coeur mais pas les autres abats qui eux se mettront sur la fin, et portez à ébullition.

Dès que ça bout, baissez le feu et laissez mijoter tout doucement en remuant régulièrement pendant à peu près 3 heures.

Quand la viande commence à se détacher des os ajoutez les abats que vous aurez coupés en gros morceaux.

Laissez mijoter encore une heure.




Au bout de ce temps, avec une passoire récupérez toute la viande, les abats, oignons, légumes dans un grand saladier.
Séparez les os et le cartilage de la viande puis hachez l'ensemble (viande, abats, oignons, légumes).


Dans une grande sauteuse sur feu très doux, mettez votre hachis et petit à petit, en mélangeant bien entre chaque louche, versez le sang. Vous allez voir la préparation prendre corps, et pour épaissir le tout, vous pouvez ajouter un peu de pain rassis. Il ne faut surtout pas que ça bout sinon le sang coagulerait. Il est important aussi de bien mélanger avec une cuillère en bois pour éviter que ça prenne au fond de votre récipient. Cette opération vous prendra encore environ 1 heure.
Autrefois, dans les fermes, un petit gamin était "réquisitionné" pour remuer la fressure avec ce qui était appelé "le baton de la fressure". N'ayant pas de cuillère en bois suffisamment grande pour aller dans les grands chaudrons c'est un morceau de fer plat qui était utilisé.
Rectifiez l'assaisonnement si nécessaire.


Voilà, c'est prêt... Servez avec une bonne purée de pommes-de-terre maison...

Certains amateurs apprécient la fressure froide sur des tranches de pain grillé... mon père aimait la réchauffer avec un peu de lait.

Et quel vin boire avec ce plat du terroir ? pourquoi pas un Canon Fronsac, le chateau Canon Pecresse 2004 sur lequel Sandrine nous a demandé de plancher.
C'est qu'elle est exigeante Sandrine, elle veut savoir pourquoi on a fait ce choix de recette avec ce vin : je suis très nulle pour parler des vins, mais selon ses termes, ce vin est charmeur, puissant sans être "bodybuildé", vin de caractère mais aussi de race.
Il m'a semblé qu'un vin de caractère, charnu - je reprends ce qu'en dit Sandrine, pourrait convenir avec ce plat du terroir, à la saveur marquée mais pas trop puissante non plus. Le côté charmeur aussi m'a inspirée et je le voyais bien cotoyer ce plat typique de la cuisine "canaille" qu'est la fressure... mais désolée, je n'ai pas trouvée ledit vin et ne l'ai donc pas goûté !


J'attends tes commentaires maintenant Sandrine, pour voir si je suis à côté de la plaque ou pas !
A bientôt les amis...

gaufres vendéennes...

Des tas de recettes de gaufres existent, celle-ci m'a été donnée par un ami Sébastien qui les mangeait chez sa grand-mère, quand il était petit, il m'a certifié qu'elles étaient excellentes, ce que je ne déments pas, elles sont moelleuses, parfumées juste comme il faut avec la petite goutte d'eau de vie... un petit bonheur qui ne se refuse pas.
La recette peut vous paraître très riche en ingrédients mais le résultat en vaut la peine ; les oeufs battus en neige amènent la légèreté nécessaire à la texture.




Les ingrédients :
  • 300 g de beurre
  • 700 g de farine
  • 300 g de sucre dont 2 sachets de sucre vanillé
  • 12 oeufs
  • 1/2 verre d'huile de tournesol ou de pépin de raisin
  • 1/2 verre d'eau de vie (ou tout autre alcool à votre goût)
  • 1 sachet de levure
Préparation :
  1. Faire fondre le beurre ; y ajouter l'huile et l'eau de vie ;
  2. Séparer les blancs des jaunes d'oeufs, les battre en neige très ferme avec une pincée de sel ;
  3. Mélangez les jaunes et le sucre puis ajoutez la préparation beurre, huile et eau de vie ;
  4. Ajoutez progressivement la farine tamisée et les blancs en alternant un peu de farine, un peu de blancs ; finir par de la farine avec la levure.
  5. Faire chauffer le gaufrier et versez une louche de pâte ;
  6. Attendez 5 mn environ, c'est prêt ; Recommencez jusqu'à épuisement de la pâte...



Et comme me l'a conseillé Sébastien, vous pouvez les déguster avec un excellent vin blanc moëlleux des Ets Michon, Domaine Saint-Nicolas à Brem-sur-Mer ; Je viens de recevoir une invitation de leur part pour une visite de leur chai, les 7 et 8 novembre prochains, à l'occasion d'une porte ouverte, je ne manquerai pas de vous faire des photos.
A bientôt les amis...

26 oct. 2008

A table... mon coup de coeur pour un beau livre...

J'avais envie de vous faire partager ce très beau livre que j'ai acheté récemment :

"A TABLE" de Noëlle Châtelet, aux Editions de La Martinière.


Pas de recettes de cuisine, mais des photos en noir et blanc qui entretiennent la nostalgie d'une époque révolue mais méanmoins pas si lointaine... beaucoup d'émotions à tourner les pages et découvrir ces repas, casse-croute, gamelles, soupers de gala ou déjeuners dominicaux, rendus à la postérités grâce aux superbes photos signées Robert Doisneau, Willy Ronis ou Edouard Boubat.

Nous parcourons la France de 1900 aux années 1980, traversons les périodes des deux guerres, comme par exemple la photo de soldats, en 1915, dans une tranchée de l'Aisne, déjeûnant sans quitter leur poste ou Clémenceau déjeunant sur le front pendant la première guerre mondiale... beaucoup d'émotion aussi avec la photo de ce réfectoire des pupilles de la nation en 1922...

Noëlle chatelet commente ces photos avec beaucoup d'érudition et d'humour, comme celle de Clémenceau que je vous retranscris :


"Maisons dévastées, toits effondrés, murs éclatés, granges calcinées, cheminées éventrées... c'est la guerre. C'est la patrie qu'ainsi on dévaste, on brûle, on éventre. Cèdera-t-elle sous les assauts de l'ennemi ?

- Non. Elle ne cédera pas tant que des décombres sortiront une table, des chaises, des assiettes et des verres. Tant qu'un déjeûner sera possible, elle ne cédera pas.

Plus convaincant qu'un discours en haut d'une tribune, plus stimulant qu'un appel placardé sur les murs dans les villes et les campagnes, ce déjeûner de Clémenceau va faire se redresser la tête des français, car la France est debout quand la France est à table.

La cuisine n'existe plus ?

- Qu'importe, nous mangerons froid.

La salle-à-manger brûle encore ?

- Qu'importe, nous mangerons dehors, aux yeux de tous, aux yeux de l'ennemi surtout.

La nappe est blanche comme un jour de fête.

Le tigre est à table et le Tigre a faim.

Il boit à la santé du pays et le pays le lui rend bien.

Douze heures sonnent au clocher lézardé du village voisin qui compte ses morts.

Chaque coup rappelle à la veuve, à l'orphelin, qu'il est temps de mettre le couvert et de sécher ses larmes.
Un français qui mange est un français sauvé, sauvé du chagrin et des ruines.

Des maisons avoisinantes, les fermiers accourent.

La table se remplit : jambon, saucisson, miches et vin rouge.

Le tigre dévore.

Tous se sont arrêtés pour le regarder manger.

Il mange pour la victoire. Il mange pour la France"

Après viennent des photos plus joyeuses, les époques se suivent, et on retrouve les familles à table... Quelle émotion dans cette photo des enfants pauvres de Montmartre dégustant des friandises distribuées pendant "la semaine de la bonté", le 12 avril 1937, cet instant de "petit bonheur" pris sur le vif par le photographe est magique...


Je vous incite vraiment à vous le procurer, ce livre est merveilleux, une page de notre histoire toute en photos... Si comme moi vous adorez les photographes qui y ont participé vous en ferez votre livre de chevet pour un bon moment, et ces photos ne sont pas près de quitter votre esprit...

Bonne découverte...

La bonne image du dimanche... faut rigoler....

Faut rigoler... avant qu'le ciel nous tombe sur la tête ! C'est ce qu'il a chanté Monsieur Salvador.


Pour mettre en pratique ses propos, voici l'image du jour qui j'espère vous fera rigoler -:))


Bon dimanche...

25 oct. 2008

Confit de jurançon.... pour des tartines de Brique des Flandres et Ste-Maure-de-Touraine

Tous les nutritionnistes vous le diront, quand on fait un régime il faut savoir se ménager une petite pause gourmande entre deux périodes de diète, pause qui vous permettra après d'aborder les restrictions avec moins de frustration !!


Enfin ça c'est moi qui le dit, c'est mon avis et je le partage !


Il me restait dans le réfrigérateur une bouteille de Jurançon entamée, je lui ai trouvé une seconde vie en le transformant en un délicieux confit qui pourra accompagner fromages, foies gras ou même des fonds de sauce.

C'est ma période confiture ou divers confits ces temps-ci.





Voici la recette :

- 60 cl de Jurançon doux,
- 400 g de sucre type confisuc,
- 1 étoile de badiane,
- 1 clou de girofle.


Mettez une casserole sur le feu et versez le jurançon puis le sucre. Laissez fondre et portez à ébullition puis baissez le feu ; ajoutez la badiane et le clou de girofle ; laissez confire tout doucement jusqu'à ce que le liquide se fige, comptez 3/4 d'heure à 1 heure. J'avais vu des recettes qui conseillaient 1 kg de sucre pour 75 cl de Jurançon, ça m'a paru beaucoup et j'ai adapté les quantités. Je pense que c'est largement suffisant.




Le confit aurait dû être blanc puisque c'est du Jurançon moelleux mais il est s'est teinté de rouge grâce aux épices.

Il a bien fallu que je le goûte, et ce soir je me suis donc préparé ces deux petites tartines gourmandes qui ont composé mon repas avec une salade d'endives et de noix :

- du pain grillé tartiné avec le confit de jurançon, puis quelques tranches de Brique des Flandres et de Ste-Maure-de-Touraine, quelques brindilles de thym et un peu d'huile d'argan sur le chèvre, puis un tour de moulin à poivre et c'est tout... point !

Une erreur impardonnable... j'y avais pourtant pensé dans la journée mais en sortant du travail j'ai oublié de m'arrêter chez mon petit marchand en acheter... pour terminer la tartine en douceur j'aurais bien aimé ajouter quelques lamelles de poires bien juteuses... tant pis pour moi !

Il en faut peu pour être heureux vous ne trouvez pas ?

Promis... demain je me remets au régime !

Bisous les amis...

22 oct. 2008

Farandole d'huîtres en chaud et froid...


Voilà la recette que je vais présenter au salon des blogs culinaires, à Soissons, les 29 et 30 novembre prochains,












une recette marine car c'est ce que j'affectionne le plus.










Le fil rouge : présenter une assiette d'huîtres, en partant du naturel vers les préparations froides puis chaudes.

Voici donc les recettes pour une présentation de 5 huîtres :

1/ une huître simplement relevée d'une pincée de poivre blanc et décorée;

2/ tartare d'huître pomme et salicorne : Ouvrez et décoquillez une huître. Récupérez la chair, jetez l'eau ; hachez-la grossièrement dans un bol en ajoutant 1 càc de pomme verte acide découpée en dés + 1 càc de salicorne également hachée grossièrement + 1 càc d'échalote hachée + 1 càc de jus de citron + 1 càc d'huile d'olive ; quelques brins de ciboulette hachée menue ; mélangez le tout et déposez dans la coquille vide bien nettoyée au préalable ;

3/ Huitre chaude, pommes et salicorne à la réduction crémeuse de grolleau gris : ouvrez l'huître laissez-la dans la coquille creuse, jetez la coquille du dessus ; ajoutez 1 càc de pomme verte acide découpée en tout petits dés + 1 càc de salicorne + 1 càc de jus de citron ; déposez sur l'huitre ; Dans une casserole mettez une 1/2 échalote ciselée, 10 cl de grolleau gris et 5 cl de l'eau récupérée dans l'huître. Faites réduire sur le feu jusqu'à consistance d'un mince filet puis passez à travers un chinois et jetez les échalotes ; récupérez ce jus et remettez sur feu doux. Ajoutez 1 CàS de crème fraîche, mélangez bien et versez dans la coquille sur l'huître ; Enfournez sur position grill le temps de faire légèrement colorer le dessus.


4/ Bonbon iodé d'huître à la pomme-de-terre : Décoquillez l'huître ; récupérez l'eau ; réservez la chair de l'huître ; Pelez puis faites cuire deux pommes-de-terre type grenaille de Noirmoutier dans une eau légèrement salée, pendant une quinzaine de minutes. Dès qu'elles sont cuites, réduisez-les en purée, ajoutez l'eau de l'huître, une càs de faisselle, un pincée de poivre noir, 1 càc d'aneth haché ; mélangez bien.

A l'aide d'une cuillère à soupe prenez un peu de purée, au milieu ajoutez une huître et refermez avec la purée pour former un bonbon. Roulez ce bonbon dans de la panure puis faites revenir rapidement à la poêle dans un peu de beurre.



5/ Tartine iodée aux épices: Décoquillez une huître ; récupérez l'eau et réservez la chair ; faites griller une tranche de pain aux céréales - ou du pain complet. Dans un petit ravier, mélangez une CàS de faisselle avec l'eau de l'huître, 1/2 càc d'aneth haché, 1/2 càc de safran, 1/2 càc de gingembre, 1/2 càc de macis, 1/2 càc de ciboulette. Etalez sur votre tranche de pain et déposez une huître sur le dessus.


6/ Huître au parfum de romarin sur pain grillé : une tranche de pain grillé, étaler du beurre au gros sel de Noirmoutier, vaporiser de parfum culinaire au romarin et déposer une huître sur le dessus.

Dressez ces 6 huîtres sur des petits tas de gros sel, pour les faire tenir sur une ardoise. Parsemez le tout de fleur de sel.

Et dégustez avec le grolleau qui a servi à l'une des préparations, ou bien avec un vin d'Alsace, type Riesling ou Gewurstraminer !

21 oct. 2008

Les dernières roses du jardin.... un petit bouquet pour vous remercier...

Un petit coucou du soir pour un billet rapide... j'ai reçu à plusieurs reprises des tags auxquels je n'ai pas pris le temps de répondre... Alors pour vous remercier toutes et tous de l'amitié que vous m'avez faite en m'envoyant vos pensées généreuses je vous adresse en échange ce petit bouquet de roses fraîches cueillies hier dans mon jardin.

Je ne souhaite pas transmettre ces tags car ils ont déjà suffisamment fait le tour, sous différentes formes, de la blogosphère culinaire.

Merci à vous Philippe, Jeanne, Anne et José, Claire, Marjolaine, C'est kan kon mange, Jo et Florence, c'est un réel plaisir pour moi aussi de venir faire un petit tour sur vos pages.

Et un bouquet spécial à Sabine, mon amie et voisine, la passionaria des livres !

Et avant de vous quitter ce soir, un autre petit cadeau,
je vous laisse avec cette chanson du génial Bobby Lapointe, le poète des mots,
à écouter et réécouter pour le plaisir...
Bisous les amis...

20 oct. 2008

Tarte citrouille, chocolats et épices...

Bonjour tout le monde,


Je continue mes petits essais de cuisine à la citrouille et aujourd'hui j'ai testé cette recette de tarte avec une alliance de choc : citrouille et chocolat.


Elle est folle la fille, vous vous dites ??


Mais non mais non, c'est très inattendu, certes, mais le résultat est vraiment savoureux, la melonnette jaspée de Vendée que j'ai utilisée est elle-même assez sucrée et se marie très bien avec le chocolat.


Les épices viennent donner un agréable coup de fouet et relèvent harmonieusement la saveur de cette belle tarte. Vous pourrez varier les épices selon votre propre goût et votre imagination.


Dans votre panier, il vous faudra :
  • 500 g de citrouille,
  • 120 g de chocolat noir,
  • 2 oeufs,
  • 20 cl de crème fraîche,
  • 50 g de sucre cassonnade,
  • 1/2 fève tonka râpé, (facultatif, à remplacer sinon par une demi-gousse de vanille)
  • 1 càc de gingembre râpé,
  • 1/2 càc de cannelle en poudre,
  • 1/2 càc de macis,
  • 1/2 poivre long râpé (sur la photo en bas à droite, vous avez un poivre long et une fève tonka).



Pour la pâte brisée sucrée :

  • 250 g de farine,
  • 125 g de beurre,
  • 1 oeuf,
  • 50 g de sucre vanillé (je le fais moi-même en mélangeant dans mon bocal le sucre et 1 gousse de vanille).

Préparation :

  1. préparez la pâte en mélangeant les ingrédients, faites-en une boule puis laissez reposer 1 heure.
  2. Pour la garniture, commencez par éplucher la citrouille, enlevez toutes les graines et fibres, et découpez la chair en cubes ;
  3. dans une grande sauteuse, faites fondre un gros morceau de beurre et mettez-y à revenir doucement les dés de citrouille, puis ajoutez les épices. Remuez régulièrement jusqu'à ce que ce soit cuit, ça prend environ 10/15 mn. La melonnette cuit très vite, ça peut être plus long avec une autre variété, je ne pourrais dire ;
  4. Quand la citrouille est bien cuite, vous pourrez la réduire en purée avec une fourchette ;

  5. Cassez les oeufs dans un saladier et fouettez avec le sucre ;
  6. Faites fondre le chocolat au bain-marie ;

  7. Ajoutez la purée de citrouille, la crème fraîche et le chocolat fondu ;

  8. Mélangez bien l'ensemble jusqu'à ce que tous les ingrédients soien bien incorporés.

  9. Etalez votre pâte au rouleau et garnissez votre moule ;

  10. Versez la préparation sur la pâte, lissez bien.
  11. Mettez à four préchauffé th. 6/7 (180 °) pendant environ 40 mn.

Saupoudrez de sucre glace à la sortie du four.

J'ai trouvé l'idée de cette recette sur le délicieux blog de Dame Marmotte, qui hiberne pour nous régaler de merveilleux desserts. J'ai apporté quelques modifications : elle faisait notamment cuire la citrouille (enfin plutôt le potiron en ce qui la concerne) dans de l'eau, et mélangeait ensuite les épices dans la préparation à la crème et chocolat. j'ai préféré faire revenir les dés de citrouille dans du beurre et ajouter les épices de suite, ce qui leur permet d'exhaler de suite leurs parfums.)

Bon appétit chers amis...

19 oct. 2008

Le Vendée-Globe... c'est parti !

Le soleil nous a accompagnés toute la journée, et il y avait foule pour cette ouverture de la 6ème édition du Vendée-Globe aux Sables-d'Olonne.

Nous avons pu admirer tous les voiliers prêts à prendre le départ le 9 novembre prochain et même apercevoir Vincent Riou en train de graver son empreinte de main.

Quelques photos...




Et les voiliers...











Nous avons prolongé la promenade en allant faire un petit tour sur la plage - sur le parcours de magnifiques tableaux de Titouan Lamazou provenant de son exposition "les femmes du monde", des portraits saisissants de vérité. Il y a avait aussi beaucoup de monde sur la plage, des petits gamins s'amusaient à monter et descendre la digue ; je suis un peu déçue par les photos du bas, je ne comprends pas pourquoi elles sont sombres comme ça, il va falloir que je revoie le réglage de mon appareil-photos :






N'hésitez pas à aller au village du Vendée-Globe avec vos enfants, de nombreux espaces ludiques et pédagogiques leur sont réservés. C'est vraiment très sympa.

Bonne fin de dimanche les amis...

18 oct. 2008

En cuisine avec les fleurs... la gelée de capucines

J'adore les capucines...

ces fleurs aux couleurs tellement chatoyantes et un peu désuètes me rappellent les jardins d'antan si odorants ou légumes et fleurs se cotoyaient avec grand bonheur.

Nous en avons semé pour la première fois cette année dans notre jardin et elles ont abondé tout l'été jusqu'à encore aujourd'hui, le massif n'était qu'une boule orange, jaune et verte... magnifique, toutes les couleurs que j'aime.... d'ailleurs, si vous veniez chez moi vous les verriez un peu partout dans ma déco ces couleurs.

J'avais aussi envie depuis longtemps de les cuisiner ces petites capucines - rien que le nom est adorable, vous ne trouvez pas ? J'ai essayé dans les salades, elles amènent un petit goût poivré très intéressant en plus de la touche déco et aujourd'hui je me suis lancée dans la gelée...
Inutile de vous dire qu'au vu du résultat, je renouvellerai l'expérience car c'est Trop Trop bon !



Le panier de la jardinière gourmande :


- quantités de fleurs selon votre cueillette : 220 g pour moi, (vous aurez l'impression d'avoir une grosse quantité, mais c'est du volume essentiellement, en poids ça ne représente rien, donc autant vous dire qu'il en faut beaucoup si vous voulez faire plusieurs pots),
- 1/2 litre d'eau,
- 500 g de sucre type confisuc, ce qui facilitera la prise de la gelée,
- 1 orange.

Préparation :
  1. cueillez les capucines et récupérez les pétales en laissant de côté la corolle, la queue ou les feuilles (c'est là qu'il vous faudra beaucoup de patience) ; les laver soigneusement et les égoutter sur du papier absorbant ;

  2. faites bouillir l'eau et le sucre ;

  3. lavez soigneusement l'orange non traitée de préférence et coupez-là en quartiers sans l'éplucher ;

  4. jetez dans le sirop les pétales et les quartiers d'orange ;

  5. laissez cuire pendant 40 mn à gros bouillons,

  6. filtrez le jus, jetez les pétales et l'orange et remettez à petit feu, en enlevant régulièrement l'écume, ça réduira et prendra l'aspect d'un confit ;

  7. vous n'avez plus qu'à mettre en pots et retourner comme pour les confitures afin de stériliser.
Une fois refroidi, j'ai goûté dans la cuillère, vous vous en doutez, c'est délicieux. Je cherche encore à quoi on pourrait le comparer, la saveur est intense, ça me rappelle un peu le goût du miel, mais sans être aussi prononcé.

J'ai mis 500 g de sucre, mais peut-être qu'au vu de ma quantité de fleurs, 400 g auraient été suffisants.

Je n'ai qu'un seul pot, mais c'est certain que je renouvellerai l'expérience et en ferai plusieurs pots une prochaine fois.

(cette recette m'a été inspirée par la gelée de fleurs de pissenlit du Journal des Femmes, l'Internaute).

Dansons la capucine,

Y'a pas de pain chez nous,

Y'en a chez la voisine,

Mais ce n'est pas pour nous... You les petits cailloux !

A vos jardins les amis... et à vos casseroles...

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